54 minutes

54 minutes – Marieke Nijkamp

Chroniques,  Littérature

Cela fait maintenant un bon moment que j’ai lu 54 minutes de Marieke Nijkamp sous les conseils de bien des personnes, blogueurs comme non blogueurs. Il faut dire que le thème abordé – une tuerie de masse dans un lycée – m’intriguait déjà beaucoup et que la couverture du livre, ainsi que son titre, sont plutôt très efficaces pour stimuler la curiosité du futur lecteur.

L’œuvre en bref

Titre original : This is where it ends
Titre français : 54 minutes
Auteure : Marieke Nijkamp
Pays : États-Unis
Éditeur : Hachette
Date de parution : 2 novembre 2017
Nombre de pages : 304
Prix : 15,90€ (Numérique : 10,99€)

10 h 08 – KEVIN
Mec, il se passe quoi ? Réponds-moi !

10 h 09 – SYLVIA
Tyler est revenu.

10 h 11 – MATT.
Claire j’ai trop peur. Il tire sur les gens. Qu’est-ce que je fais ? CLAIRE DÉCROCHE S’IL TE PLAÎT !

10 h 27 – AUTUMN
Ça ne peut pas être vrai. Ça ne peut pas être Ty. Ça ne peut pas être mon frère.

10 h 30 – TYLER
Aujourd’hui vous m’appartenez tous.
Aujourd’hui vous allez m’écouter.

Ce que j’en ai pensé

Malheureusement, il s’avère que je suis restée complètement hermétique aux personnages et même à leurs émotions, et je pense que cela est dû aux changements trop rapides de points de vue, puisqu’un personnage devenait narrateur le temps d’un tiers de chapitre avant qu’un autre prenne le relais quelques pages, voire quelques paragraphes seulement, plus loin. Difficile de s’attacher et d’avoir de la compassion pour ces personnages dans ces cas-là, d’autant plus quand les descriptions sont presque inexistantes dans ce roman, qui est plus focalisé sur l’action en elle-même. Cette dernière est d’ailleurs bien retranscrite, nous n’avons pas vraiment le temps de nous ennuyer, nous passons d’un lieu à un autre très rapidement, tout en gardant une temporalité et une géographie bien compréhensible.

Finalement, le seul personnage auquel j’ai fini par m’attacher un peu (mais alors, vraiment qu’un peu), c’est Autumn, la sœur de Tyler. De ce fait, elle aurait simplement dû être la narratrice de tout le roman, puisqu’elle est clairement le personnage le plus proche du tireur, cela aurait ajouté de l’authenticité à l’histoire et surtout de l’émotion. Parce que, quand on ne ressent aucun lien avec les personnages, l’émotion est tout bonnement absente, ce qui est dommage pour un thème aussi important, fort, puissant que les fusillades dans les lycées aux États-Unis. Avoir pour narrateur Tyler aurait également pu être intéressant, bien qu’il eu fallu savoir ce qui peut bien se passer dans la tête d’un adolescent qui pète littéralement les plombs en tuant ses camarades et professeurs.

Si ce roman ne m’a pas touchée outre mesure dans son écriture, je tiens à noter tout de même que j’ai apprécié les tweets présents à chaque fin de chapitre, que j’ai trouvé plus poignants que le récit des protagonistes.

Finalement, mon ressenti global se résume à… Une lecture plutôt fluide pour un thème lourd qu’il est important d’aborder, mais qui, selon moi, manque de profondeur dans ses personnages. Malgré tout, on ne s’y ennuie pas une seconde, les événements s’enchaînant rapidement.

La citation de la fin


Claire, je ne crois pas qu’il soit arrivé quelque chose à Tyler, je pense que Tyler est ce qui nous arrive.

54 minutes

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