Ce que j'aurais aimé savoir avant d'accoucher

Ce que j’aurais aimé savoir avant d’accoucher

Billets d'humeur

Vous l’avez peut-être déjà lu, mais pour ceux qui l’ignoreraient, j’ai écrit un dossier en quatre parties sur ma grossesse et mon accouchement. Aujourd’hui, j’aimerais vous parler de toutes les petites (et grosses) choses que j’aurais aimé savoir avant de tomber enceinte et d’accoucher.

Avant de commencer, je vais vous faire un petit récapitulatif de ma situation : hyper fertile, grossesse désirée, première grossesse, accouchement par voie basse avec péridurale, déchirure du périnée, pas d’allaitement.

Il est important de rappeler que toutes les personnes qui accouchent sont différentes et que, de ce fait, tous les bébés le sont également. C’est un point très important sur lequel je souhaite vraiment insister. C’est essentiel de comprendre qu’on ne vit pas tous la grossesse, l’accouchement et l’arrivée d’un bébé de la même façon. Ce que je vais dire dans cet article va alors paraître totalement étranger à certaines personnes, alors que d’autres sauront tout à fait se reconnaître. De ce fait, cet article parle de mon expérience uniquement.

Disclaimer : je vais parler sans tabou, donc si les détails vous dérange, ne lisez pas !

L’accouchement n’est pas le pire

La première chose que j’aurais aimé savoir avant d’accoucher, ou même avant de tomber enceinte ? L’accouchement n’est vraiment – mais alors vraiment – pas le moment le plus douloureux (merci la péridurale). Eh oui, les pires douleurs sont celles après avoir accouché, surtout quand on a eu une déchirure (ou une épisiotomie je suppose), car les points de suture font extrêmement mal, si bien que je n’ai pu m’asseoir et marcher normalement seulement après 4-6 semaines. Je ne vous parle même pas des trois premiers jours après l’accouchement où aller aux toilettes était littéralement une torture.

J’ai également eu des montées de lait très douloureuses après mon accouchement, à tel point que j’avais parfois plus mal que lorsque j’avais des contractions. Je n’ai pas pleuré une seule fois à cause des contractions alors que plusieurs montées de lait m’ont fait verser des larmes de douleur. Et ne croyez pas les infirmières qui vous disent que les montées de lait ne durent que 5-6 jours… Les miennes ont bien duré deux semaines !

Enfin, il faut savoir que la péridurale peut ne pas fonctionner ou fonctionner seulement en partie. Ça a été mon cas, puisque seul mon côté droit était correctement anesthésié. Le côté gauche était aussi anesthésié mais pas autant, ce qui fait que j’ai eu plus de douleurs à gauche qu’à droite lors des contractions et du passage du bébé. Ceci dit, si j’avais su ce qui m’attendait après, je ne me serais pas plainte.

Les autres désagréments

Après avoir accouché, votre utérus doit expulser tellement de choses qu’il n’a pas pu expulser pendant 9 mois que vous allez perdre du sang – voire des caillots de sang – pendant très longtemps… Tout le monde est différent, mais pour ma part j’ai perdu du sang pendant environ un mois et demi. Les pertes étaient importantes surtout la première semaine, ensuite elles l’étaient bien moins.

J’aurais aimé qu’il en soit autrement, mais malheureusement non, on ne récupère pas son corps d’avant juste après avoir mis au monde un bébé, ni même trois jours après. Il faut compter une bonne semaine voire une dizaine de jours le temps que tous les organes qui ont été chamboulés pendant 9 mois puissent reprendre progressivement leur place respective.

Il faut également savoir que les contractions ne s’arrêtent pas immédiatement une fois qu’on a accouché. Ben oui, comme pour les saignements et les organes qui doivent se replacer, l’utérus continue à travailler quelques heures (voire quelques jours pour certaines personnes).

Avant et après l’accouchement, de nombreux.ses spécialistes (médecins, infirmier.e.s, sages-femmes) entrent et sortent de la chambre comme si c’était un moulin et vous demandent d’écarter les jambes pour vous ausculter. Avant l’accouchement, ils passent environ une fois par heure, voire plus, après l’accouchement ils passent toutes les 3-4 heures afin de vérifier que les fils n’ont pas bougé, que tout est en ordre en gros.

Ne soyez pas étonné.e.s aussi si vous êtes complètement épuisé.e.s la première semaine : bon déjà, l’accouchement ça épuise, un bébé ça épuise, mais il y a aussi la chute d’hormones à prendre en compte, et ça, c’est ce qui sans doute épuise le plus. Enfin, ne vous attendez pas à avoir votre libido de retour une fois le bébé arrivé. Non seulement vous serez fatiguée, mais en plus votre utérus vous fera bien trop souffrir, sans compter que vous aurez bien d’autres choses auxquelles penser…

Les petites astuces

Si seulement on m’avait donné quelques astuces avant de tomber enceinte et surtout d’accoucher ! Et la première (et la plus importante selon moi), c’est de se renseigner sur la césarienne et de s’y préparer même si ce n’est pas prévu. Le jour où j’ai accouché, mon col ne s’ouvrait pas assez rapidement et, après une deuxième injection d’ocytocine de synthèse, on m’a parlé de la césarienne et j’ai commencé à paniquer à l’intérieur. Je n’étais pas préparée, je n’en voulais pas, ça m’effrayait beaucoup trop. Finalement, et heureusement, l’ocytocine a bien fait effet et j’ai pu accoucher par voie basse sans complication. En étant un minimum préparé.e.s, vous vous éviterez un bon coup de stress !

Que vous ayez le projet d’allaiter ou non, renseignez-vous sur l’allaitement et sur les raisons pour lesquelles il échoue parfois. Si ce n’est pas dans votre projet, comme moi, peut-être que vous changerez d’avis ; si c’est déjà dans votre projet, vous serez armé.e pour faire face aux problèmes que vous pourrez rencontrer. Encore une fois, je ne m’étais pas renseignée et aujourd’hui je le regrette. Je ne referai pas l’erreur pour mon deuxième enfant, c’est certain.

Pour gérer au mieux les douleurs post-accouchement, j’ai reçu deux conseils qui m’ont beaucoup aidée. Tout d’abord, pour les montées de lait douloureuse, on m’a parlé à la maternité d’une technique de grand-mère, les feuilles de chou sur la poitrine : un vrai miracle ! Ensuite, pour les moments super glamours aux toilettes, on m’a conseillé, et je l’avais vu aussi sur Internet, de verser de l’eau froide en même temps, ça soulage instantanément la douleur !

Parler de l’accouchement et du post-accouchement, c’est bien beau, mais il y a aussi des choses sur la grossesse que j’aurais aimé savoir, notamment le fait qu’on va aux toilettes six fois par nuit et que ce n’est pas un mythe ! Aussi, je ne suis déjà pas frileuse de base, mais alors quand j’étais enceinte, à 8 mois de grossesse, en plein hiver, je pouvais me balader en t-shirt dehors sans ressentir de froid. Et ça me fait d’ailleurs penser qu’à l’hôpital il fait très (très) chaud, découvrez-vous au maximum pour être à l’aise !

Enfin, je vais parler du post-accouchement côté organisation. Sauf si vous souhaitez réellement utiliser des produits spécifiques, ne ramenez rien pour bébé à part ses vêtements/couvertures – ou alors prenez-les mais ne les sortez pas de votre valise. La maternité fournit des couches, cotons, liniment, gel lavant… J’ai dû, personnellement, prendre mon propre gel lavant car mon bébé a fait une allergie à celui de l’hôpital. De même, si vous souhaitez utiliser des couches et lingettes lavables, prenez-les, bien sûr, je parle des choses jetables. En revanche, pour vous, je vous conseille de prendre vos propres serviettes hygiéniques, car celles de la maternité sont vraiment inconfortables et personnellement elles me faisaient même mal au bout d’un moment.

Souvent, vos ami.e.s et votre famille vous demandent ce que vous souhaitez pour la naissance du ou des bébés. Ne vous faites pas avoir à demander mille et une choses – vêtements, jouets, etc. -, la seule chose que vous aurez vraiment envie, je vous le dis d’emblée, ce sera une femme/un homme de ménage pour le premier mois de vie de votre enfant ! Demandez alors quelques heures de ménage pour vous apaiser, surtout avec les douleurs post-accouchement qui peuvent durer longtemps. Et en parlant de ami.e.s et famille : si c’était à refaire, je n’autoriserais pas autant de visiteurs à la maternité. Mes quatre jours après l’arrivée de mon fils ont été très éprouvants, j’ai très peu dormi et je suis rentrée à la maison exténuée.

Mais la chose que j’aurais aimé le plus savoir, c’est tout l’amour que j’ai envers mon fils et toute la joie qu’il me procure au quotidien. Je savais, bien sûr que j’allais l’aimer, mais jamais je n’aurais imaginé qu’il me comblerait de bonheur à ce point. Alors, oui, la grossesse et l’accouchement sont des moments douloureux, parfois vraiment pas faciles à vivre, mais l’être humain est vraiment bien foutu et l’adrénaline fait qu’on oublie quasi-instantanément les douleurs liées à l’accouchement, ce n’est pas un mythe…

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