« C’est le cœur qui lâche en dernier » de Margaret Atwood

"C'est le cœur qui lâche en dernier" de Margaret Atwood

Le dernier roman de Margaret Atwood, C’est le cœur qui lâche en dernier, est un roman d’anticipation à l’image du classique du genre La servante écarlate, dont je vous ai parlé il y a quelques semaines. Autant vous le dire, ma lecture fut fastidieuse, puisque j’aurais mis quinze longs jours à lire ce roman, contre seulement trois pour le précédent. Sortant à peine d’une panne de lecture de trois mois, autant vous dire que j’ai eu peur que ce livre m’en déclenche une nouvelle (oui, je suis fragile).

Stan et Charmaine ont été touchés de plein fouet par la crise économique qui consume les États-Unis. Tous deux survivent grâce aux maigres pourboires que gagne Charmaine dans un bar sordide et se voient contraints de loger dans leur voiture… Aussi, lorsqu’ils découvrent à la télévision une publicité pour une ville qui leur promet un toit au-dessus de leurs têtes, ils signent sans réfléchir : ils n’ont plus rien à perdre.
À Consilience, chacun a un travail, avec la satisfaction d’œuvrer pour la communauté, et une maison. Un mois sur deux. Le reste du temps, les habitants le passent en prison… où ils sont également logés et nourris ! Le bonheur. Mais le système veut que pendant leur absence, un autre couple s’installe chez eux avant d’être incarcéré à son tour. Et Stan tombe bientôt sur un mot qui va le rendre fou de désir pour celle qui se glisse entre ses draps quand lui n’y est pas :  » Je suis affamée de toi. « 

Je n’ai pas détesté ma lecture, elle a tout simplement été plus compliquée que ce que je pensais. La quatrième de couverture m’enchantait particulièrement, je trouvais l’idée d’alternance entre prison et liberté originale et c’est avec plaisir que j’ai entamé ma lecture, surtout que j’avais déjà beaucoup aimé le style de l’auteure lors de ma lecture de La servante écarlate. Je vais peut-être paraître rustre dans mes propos, mais je ne comprends pas le succès de C’est le cœur qui lâche en dernier. Si le roman n’est pas mauvais et que l’écriture est irréprochable, il n’en reste pas moins décevant par son final et surtout certains passages problématiques à mes yeux. Tout d’abord, j’ai eu beaucoup de mal avec le style cru et vulgaire de l’écriture. Je ne peux pas dire que je n’étais pas au courant de ça, et j’ai fini par m’y faire, tout simplement. En revanche, j’ai eu du mal à me faire au ressenti permanent de l’objectification de la femme et de la bestialité de l’homme. C’est bien simple, quand on lit ce roman, ces derniers ne peuvent pas passer un mois sans avoir des rapports sexuels… si bien que l’auteure a inclus des passages zoophiles dans son histoire ! Ce n’est jamais dit explicitement, bien sûr, mais j’ai ressenti ça tout au long de ma lecture, et ça m’a beaucoup, beaucoup dérangée.

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