« Les étudiantes fauchées ne prennent pas le taxi » de Caroline Giraud

Les étudiantes fauchées ne prennent pas le taxi

C’est la première œuvre de l’auteure que je lis et je dois dire que cette courte nouvelle, sur laquelle je suis tombée par pur hasard en fouinant sur Amazon, ne m’a pas déçue. Attention tout de même aux âmes les plus sensibles, on y parle de viol, mais surtout des conséquences de celui-ci. Les étudiantes fauchées ne prennent pas le taxi est une nouvelle écrite par Caroline Giraud et disponible gratuitement sur Kindle.

Alice, une jeune étudiante, va porter plainte à la police après quatre ans de cauchemars, de peur et de solitude. Mais c’est elle qui est coupable, dit-on : elle s’habille mal, elle est insouciante, elle est faible et elle se tait. Oui, c’est elle qui est coupable de son propre viol. Et elle l’a bien mérité.

Âgée de même pas 25 ans, Caroline Giraud écrit depuis déjà plusieurs années et c’est en décembre 2016 qu’elle s’est lancée dans un nouveau challenge pour elle : publier une nouvelle tous les deux mois et la rendre accessible à tous gratuitement. Les étudiantes fauchées ne prennent pas le taxi a été la première nouvelle de ce challenge.

Difficile de dire ce que je n’ai pas aimé dans cette nouvelle, exception faite, peut-être, du fait qu’elle soit vraiment trop courte pour entrer en profondeur dans le sujet et exploiter le quotidien de la jeune Alice. Il est très intéressant d’avoir choisi de remonter le temps d’année en année, plutôt que de le voir s’écouler comme habituellement. On peut ainsi voir une jeune fille pleine d’assurance s’acheter une jupe courte et rouge, puis voir cette même jeune fille, quelques pages plus loin, souffrir de la situation, même des semaines, des mois, des années après. Sans pour autant entrer dans les détails de l’acte en lui-même, Caroline Giraud arrive à nous faire sentir une gêne, un sentiment de malaise, tout au long de la nouvelle. Là où beaucoup d’auteurs s’attachent principalement à l’acte du viol et de ses conséquences directes, l’auteure, elle, s’attarde sur les conséquences sur le long terme, prenant cinq moments clés de la vie d’Alice pour exemples. On notera également le changement de narrateur intéressant dans la dernière partie de la nouvelle : alors qu’Alice n’était que passive dans l’histoire, on la retrouve totalement active et bien déterminée à faire tomber Hadrien.

On déteste Hadrien, bien sûr, mais aussi Carine, qui décide que, non, ce n’était pas un viol, parce qu’il n’y a pas eu de violence physique. Grâce à cette nouvelle, l’auteure espère (et moi aussi) arriver à toucher, mais surtout à faire réagir ses lecteurs à propos du consentement, élément primordial dans toute relation, quelle qu’elle soit. Trop de personnes pensent comme le personnage de Carine ou encore comme les policiers qui n’ont pas voulu de la plainte d’Alice et ce n’est pas normal.

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