Ma peur de la douleur (algophobie)

Ma peur de la douleur (algophobie)

Billets d'humeur

D’aussi loin que je me souvienne, la douleur m’a toujours effrayée, je l’ai même toujours évitée au maximum dans la vie quotidienne. Que ça soit pour des choses futiles, comme enlever un pansement, ou pour des choses plus importantes comme l’accouchement, la peur de souffrir m’a toujours paralysée. Aujourd’hui, je me fais progressivement violence et essaie chaque jour de repousser mes limites, afin d’éviter que cette phobie ne m’empêche de vivre.

Qu’est-ce que l’algophobie ?

Considérée comme une des phobies les plus fréquentes, l’algophobie est une crainte de la douleur plus forte que la normale – algophobie signifie littéralement « peur de la douleur ». Elle peut se manifester de différentes façons, comme à travers de l’anxiété, de la panique, de l’hyperventilation, des nausées… Et peut même causer des douleurs physiques comme des maux de tête ou musculaires.

Beaucoup d’algophobes – la plupart même – préfèrent tout simplement éviter au maximum tout ce qui pourrait les faire souffrir ou les blesser physiquement (médecin, dentiste, activité sportive…). Certains autres prennent une dose importante d’anti-douleur pour éviter de subir une quelconque douleur. Souvent, les algophobes appellent plus facilement les secours et vont plus facilement aux urgences.

Mon vécu face à la phobie

Je suis, au plus profond de moi, persuadée que cette phobie vient en partie du harcèlement que j’ai vécu lors de ma scolarisation (et dont je vous parlerai plus longuement prochainement), même si elle a toujours plus ou moins été présente dans ma vie, même avant cette période. Ça peut paraître exagéré de penser ça, mais je le dis avec beaucoup de recul.

Je n’ai jamais été diagnostiquée à proprement parlé, on ne m’a jamais dit « Madame, vous êtes algophobe ». On m’a simplement dit, depuis que je suis enfant, « Ce n’est pas normal d’avoir toujours peur de se blesser », « Il faudrait prendre plus de risques dans la vie » ou encore la fameuse phrase que je ne supporte plus d’entendre : « La peur de la douleur n’est pas insurmontable ». On ne m’a jamais dit le mot « algophobe », mais on me l’a tellement sous entendu, que j’ai fait mes propres recherches. Je ne sais pas si on peut donc vraiment me catégoriser algophobe, mais vous voyez l’idée, je suppose.

Cette peur de la douleur, elle peut se manifester pour des choses douloureuses, bien sûr, je pense notamment à l’accouchement (et à l’heure où j’écris cet article je suis à 3 mois du terme de ma première grossesse, autant vous dire que je n’ai jamais été aussi affolée), mais aussi pour de petits actes, comme aller faire une prise de sang (et j’en ai fait un sacré paquet durant ma grossesse). J’angoisse aussi lorsque je suis malade. Rien qu’une gastro peut me mettre dans tous mes états, imaginez une grippe… Eh oui, parce qu’avoir peur de souffrir découle d’autre chose : j’ai surtout un seuil de tolérance à la douleur extrêmement faible, je suis capable de pleurer de douleur en m’épilant les sourcils ou en me coupant avec un couteau.

Surmonter la phobie

Aujourd’hui, je me fais violence chaque jour pour ne plus subir ma phobie et la combattre. Il y a encore quelques années, il était hors de question pour moi de tomber enceinte de peur de souffrir lors de l’accouchement. Aujourd’hui, je suis enceinte (enfin, quand vous lirez ça, j’aurais déjà accouché depuis un petit moment) et, même si j’appréhende énormément le jour J, je le vis relativement bien. J’ai aussi un conjoint en or qui me soutient et est très attentionné, à mes petits soins.

Je ne saurais pas dire ce qui a déclenché en moi ce déclic me disant qu’il fallait que je surmonte ma peur de la douleur. Je crois qu’être bien dans ma vie et dans ma peau ces dernières années m’a beaucoup aidée. Je n’ai jamais pris de médicament pour diminuer cette angoisse, je pense que mon meilleur remède a été d’avoir su m’entourer des bonnes personnes, celles qui m’apaisent et me rassurent.

Laisser un commentaire