Miroir Culturel #6 : Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens (Love, Simon)

Chroniques,  Cinéma,  Littérature

C’est plutôt tardivement que je me suis lancée dans Love, Simon (comme à chaque fois que trop de personnes parlent d’une œuvre en bien), puisque j’ai d’abord vu le film (même pas au cinéma, honte à moi !), avant de me plonger dans le roman de Becky Albertalli. Et quand un film donne autant envie de lire le livre dont il est adapté, c’est que c’est plutôt bon signe, je pense.

L’œuvre originale en bref

Titre original : Simon vs. the Homo sapiens Agenda
(réédité sous le titre Love, Simon à la sortie du film)
Titre français : Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens
(réédité sous le titre Love, Simon à la sortie du film)
Auteure : Becky Albertalli
Pays : États-Unis
Éditeur : Hachette
Date de parution : 30 mai 2018
Nombre de pages : 315
Prix : 17,00€ (Numérique : 11,99€)

Moi, c’est Simon. Simon Spier. Je vis dans une petite ville en banlieue d’Atlanta (traduisez : un trou paumé). J’ai deux soeurs, un chien, Bieber (oui, oui, comme Justin), et les trois meilleurs amis du monde. Je suis fan d’Harry Potter, j’ai une passion profonde pour les Oéréos, je fais du théâtre. Et je suis raide dingue de Blue.
Blue c’est un garçon que j’ai rencontré sur le Tumblr du lycée. On se dit tout, sauf notre nom. Je le croise peut-être tous les jours dans le couloir, mais je ne sais pas qui c’est. En fait, ça me plaît bien : je ne suis pas du tout pressé d’annoncer à tout le monde que je suis gay. Personne n’est au courant, à part lui, Blue…
… et aussi cette fouine de Martin Addison, qui a lu mes e-mails et menace de tout révéler.

La bande annonce du film

Réalisé par Greg Berlanti
Avec Nick Robinson, Jennifer Garner, Josh Duhamel, Katherine Langford…
Sortie en salles française le 27 juin 2018

Ce que j’en ai pensé

Ce que j’ai immédiatement apprécié avec Love, Simon, c’est qu’il ne parle pas uniquement pas d’homosexualité, il parle surtout de coming-out et particulièrement d’outing forcé, sur fond d’amitié et de relation familiale pour la touche grand public. Car, oui, l’histoire de Simon est pour tous les publics ! Et c’est fortement agréable de voir ces thèmes abordés avec autant de justesse et accessible à tous. Autre thème abordé : l’homophobie ordinaire, banalisée et sociétale, notamment avec les remarques constantes du père de Simon (qui accepte pourtant parfaitement bien l’homosexualité de son fils).

J’ai aimé voir que l’histoire d’amour entre Simon et Blue, bien que centrale, n’éclipse en rien les problématiques liées à l’homosexualité à l’adolescence. D’ailleurs, beaucoup avaient deviné qui était Blue très rapidement, ce qui ne les a pas empêcher d’apprécier leur lecture ou leur visionnage, puisque découvrir l’identité de Blue n’est définitivement pas le but de l’histoire. On aurait d’ailleurs pu ne pas le savoir à la fin du roman, ça ne nous aurait pas manqué.

Côté émotions, on est bien servi ! Aussi bien dans le livre que dans le film, on ressent parfaitement ce que Simon a en lui : ses sentiments envers Blue, sa tristesse, sa colère, son isolement… Tout est parfaitement compréhensible. Même lorsque Simon fait son coming-out à Abby, on est stressé pour lui, alors qu’on sait, au fond de nous, qu’elle l’acceptera très bien. On comprend aussi très bien pourquoi il en parle d’abord à une personne qu’il connait moins bien que Leah par exemple, qui est sa meilleure amie depuis toujours : c’est toujours plus simple de se confier à des personnes moins proches, on a moins à perdre.

Au fil de notre lecture et de notre visionnage de Love, Simon, on se rend rapidement compte que Simon ne se demande pas si ses proches accepteront son homosexualité, il ne voit simplement pas l’utilité de le dévoiler, puisque, comme il le dit très bien : ça ne change en rien qui il est, il est toujours la même personne.

Finalement, mon ressenti global se résume à… Ce n’est pas le film de l’année, il n’a rien eu de révolutionnaire, mais il parvient parfaitement à son but : nous faire passer un bon moment, tout en passant un message positif. Quant à l’œuvre originale, le roman, je l’ai trouvé bien plus réussi, notamment dans l’écriture des personnages et de leurs relations. Autant vous dire que j’ai vraiment hâte de me plonger dans Leah à contretemps, la suite de Love, Simon mais tournant autour du personnage de Leah.

La citation de la fin

Tu ne trouves pas que tout le monde devrait en passer par le coming-out ? Pourquoi l’hétérosexualité serait-elle la norme ? Chacun devrait déclarer son orientation, quelle qu’elle soit, et ça devrait être aussi gênant pour tout le monde, hétéros, gays, bisexuels ou autres. Je dis ça je dis rien.

Love, Simon

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