« Philadelphia », le film de 1993 qui parle d’homosexualité et de SIDA

"Philadelphia", le film de 1993 qui parle d'homosexualité et de SIDA

Demain sera diffusé le film Philadelphia à 21:00 sur HD1, en France, et pour l’occasion, j’ai décidé de vous parler de ce film, sorti en 1993 et mettant en scène Tom Hanks dans le rôle d’Andrew Beckett, dit Andy, un jeune homme homosexuel et atteint du SIDA, qui se retrouve licencié de son cabinet d’avocats pour « faute grave ». On retrouve également au casting Denzel Washington dans la peau de son avocat, à l’origine homophobe (ou au moins peu à l’aise avec les homosexuels). Imaginez un peu le contexte : on aborde l’homosexualité et le SIDA, mais surtout le licenciement abusif lié à ça, le tout dans les années 90.

Andrew Beckett, brillant avocat, est appelé à une carriere fulgurante. Adulé par son milieu, rien ne semble pouvoir ralentir son ascension. Mais, le jour où ses associés apprennent qu’Andrew est atteint du sida, ils n’hésitent pas à pretexter une faute professionnelle pour justifier son renvoi. Andrew décide de ne pas se laisser faire et attaque le cabinet pour licenciement abusif.

(Article garanti sans spoiler)

Récompensé à huit reprises en 1994 (notamment aux Oscars et aux Golden Globe, mais aussi aux Grammy Awards pour les musiques), on ne peut nier l’excellente qualité de Philadelphia : en plus d’aborder des thèmes forts, importants et puissants, le film est excellemment dirigé, jouit d’une réalisation irréprochable et les personnages sont interprétés avec une justesse troublante de réalisme. Quand on y regarde d’un peu plus près, on voit très bien à quel point Jonathan Demme, le réalisateur de Philadelphia, a voulu aller jusqu’au bout des choses. On sait, par exemple, que 53 séropositifs ont participé au tournage, qu’ils soient simplement figurants ou qu’ils aient un rôle plus important. Aussi, on peut voir le maire de la ville de Philadelphie en 1993, Edward Rendell, faire une apparition. L’anecdote sympa de la scène est qu’il n’a pas voulu apprendre de texte et qu’il a donc improvisé le jour-J. Enfin, on notera la perte évidente de poids de Tom Hanks entre le début et la fin du film : l’acteur avait perdu 11 kg afin d’accentuer les effets de la maladie. Quant à Denzel Washington, lui, a du prendre quelques kilos ! Autant de détails qui ont eu leur importance pour avoir un résultat comme celui-ci.

Philadelphia est le premier film à traiter du SIDA, de l’homosexualité et de la discrimination au travail à la fois. Ce que j’ai particulièrement apprécié dans ce film, c’est que Andy et son copain (joué par Antonio Banderas) ne subissent pas de railleries exagérément. Philadelphia joue sur la sobriété et met l’accent sur la discrimination, sur le licenciement d’Andy. Philadelphia est un véritable affront aux préjugés liés au SIDA et à l’homosexualité, et plus largement à toutes les discriminations. Pour l’époque, le film était une véritable bombe. Si l’histoire peut paraître désuète, puisque, aujourd’hui, nous avons des moyens médicaux pour amenuiser les symptômes, il ne faut pas oublier que ce genre de procès existe toujours… Si vous n’avez pas encore vu Philadelphia, vraiment, soyez devant votre télé demain soir à 21:00 et, j’insiste, regardez-le.

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